Ne vous détournez pas!

Le 23 juillet 2020, Michel Simonot envoie à Nadège Coste, Même arrachée, un choc artistique pour la metteure en sce?ne....

Bonjour Michel,
Je viens de te lire... Merci infiniment de ta confiance....
Quand à ton geste... Il est sublime... il est douceur et tranchant... Il est force de re?sistance, il est impossible à taire... Il est si nécessaire et si décidé... Il est comme un besoin d’arrêter une frénésie, de bouleverser nos petites vies sourdes, pleines d’œillères... Merci de me remettre dans l’urgence à dire, à faire entendre et à porter la parole de celles et ceux que l’on ne veut pas entendre... Ton écriture est résistance et pulsion de Révolte. Les mots me manquent.... Mais encore une fois tu touches, tu bouscules, tu révèles, tu nous places devant l’image du miroir que nous préférons ignorer, que l’on nous fait ignorer en nous plaçant devant des reflets plus sympathiques à regarder mais tellement mensonges...

Nadège Coste – 24 juillet 2020

Nadège, ce que tu me réponds me touche vraiment profondément. J’avais comme l’intuition que ce texte ne te serait pas du tout indifférent. Il est pour moi d’ailleurs extrèmement important, sur le plan de l’écriture comme sur le plan personnel. Je crois qu’avec ce texte quelque chose s’est libéré aussi chez moi.

Michel Simonot – 25 juillet 2020

Cela fait de nombreuses années que Nadège Coste dialogue avec Michel Simonot.

Plusieurs projets dans le cadre de son Label E.S.P.A.C.ES. (Label de cre?ations partage?es) ont vu le jour.
Une premie?re tentative en 2018 autour de son texte 
Le but de Roberto Carlos a vu le jour dans le cadre dune performance dans lespace public MURS, mettant en dialogue cette œuvre et KRACH de Philippe Malone.

Cette saison, elle sempare de Même Arrachée pour chercher, pour donner à ce poème dramatique rempli despoir et duniversalité lespace du plateau pour rendre compte de lurgence à le donner à voir, à entendre.
Ce texte défend l
idée que même si la langue qui porte le poème est rendue muette, le poème trouvera toujours un autre corps pour continuer à Prendre la Parole, à se?tendre en chacun de nous.

Un Homme ou une Femme parvient a? rejoindre l’autre rive.

De l’autre co?te?, son agresseur et ses chiens, tenailles et pinces a? la main, pour le rendre muet. Me?me si la chair n’est plus, le poe?me demeure. Il sera inlassablement porte? par les autres voix cache?es derrie?re les arbres. 

Parfois l’obscurite? parvient a? faire taire l’Homme, l’Ide?e, elle, re?siste toujours a? la mort.

Dans son œuvre, Michel Simonot s’attache particulièrement à rendre compte des problématiques liées à la représentation du réel, au regard et à l’usage du langage.
Il se concentre sur la question du témoin.


Se plaçant souvent dans une démarche à la frontière entre un regard politique et une approche psychologique ou émotionnelle forte, l
auteur est défini par Pierre Longuenesse comme un équilibriste. Dans une « posture constamment « au seuil », entre recherche et écriture, entre les mots et le plateau, entre le politique et le poétique, entre l’intime et le collectif, sur un fil de funambule où l’exploration intèrieure accompagne sans cesse un regard aigu sur la violence ultralibérale du monde d’aujourd’hui ».

Au printemps 2024, Nadège Coste mettra en scène Traverser la Cendre de Michel Simonot (éditions Espaces 34) :

Pendant l’extermination, ceux qui maintenant sont morts se sont soulevés, ils ont écrit, enterré leurs récits, caché les livres : leur résistance face à la déshumanisation. Pour demeurer vivants. Par les mots. Après l’extermination, c’est au témoin de prendre la parole. Il doit rendre visibles leurs traces, déterrer leurs mots, affronter l’Histoire, dire la nudité des faits. C’est lui qui parle pour l’absent, le mort, l’inaudible, le refusé, l’invisible. En s’adressant, par-delà la Shoah, à tous les massacrés, Michel Simonot interroge le rôle du témoin, loin de tout pathos, et invite le mort à prendre part par lui-même à ce qui s’énonce dans une fiction poétique qui suit le récit et l’exposition brute de faits.

EN DIALOGUE PERMANENT AVEC LA DANSE CONTEMPORAINE

Depuis sa rencontre avec Gregory Alliot – danseur et chore?graphe en 2010, elle fait toujours dialoguer les poèmes dramatiques avec la danse contemporaine.

À loccasion de la création de Même Arrachée de Michel Simonot, la metteure en scène donnt Carte Blanche à Grégory Alliot pour proposer un écho chorégraphique à l'oeuvre.

Un nouveau pas de franchi, dans leur collaboration artistique: permettre à la danse contemporaine et au théâtre de se réunir sur le plateau sans que lun ou lautre ne prenne lascendant dans la proposition artistique.