URBEX - Spectacle Hybride à l'action culturelle - 2023

URBEX

RENCONTRE POÉTIQUE AVEC LA JEUNESSE - Dès 14 ans

 

Une idée originale de Nadège Coste | Chorégraphie Grégory Alliot | Texte Sébastien Joanniez | Interprétation Nadège Coste, Grégory Alliot & Sébastien Joanniez | Diffusion Nadia Godino | Production Isabelle Sornette

INTENTIONS

 

Après deux saisons fragilisées voire anéanties par la crise sanitaire actuelle, nous pensons fermement qu’il y a urgence à fédérer la Jeunesse non seulement autour de l’enjeu de la représentation, mais plus que jamais dans sa fabrication. URBEXcherche à redéfinir ce dialogue avec elle, qui selon nous, est crucial.

 La compagnie, grâce à l’impulsion de sa résidence soutenue par la Région Grand Est au Point d’Eau à Ostwald, son Conventionnement avec la Ville de Metz, ses partenariats avec plus de six établissements scolaires avec le soutien de la DRAC Grand Est sur le territoire messin dans le cadre de son Label E.S.P.A.C.E.S. est en constant dialogue avec la jeunesse. Que ce soit à travers la diffusion de ses spectacles ou bien à travers sa méthode singulière de création. 

S’immerger dans les établissements scolaires est pour elle l’unique méthode pour créer des spectacles percutants et poétiques. Ma langue dans ta poche de Fabien Arca en 2020 en est le premier succès (plus de 35 représentations à ce jour). URBEX - premier spectacle hybride à l’action culturelle en milieu scolaire & Le Petit matin de mourir de Sébastien Joanniez seront les seconds.

 Accompagnée de l’auteur Sébastien Joanniez & du chorégraphe Grégory Alliot, la metteure en scène Nadège Coste propose dans URBEX, de réfléchir sur la figure poétique et citoyenne de la Classe Abandonnée. À travers un urbex poétique, élèves & artistes, en deux heures, répondront à cette interrogation. 

 

L’ENDROIT ET L’ENVERS DE LA CRÉATION

Les écritures actuelles, la danse contemporaine et le théâtre sont les outils que j’ai choisis pour créer des spectacles qui parlent à toutes et tous. Mais à force de projets d’actions culturelles menés dans le cadre du Label E.S.P.A.C.E.S. créés par la compagnie à l’Espace Bernard-Marie Koltès à Metz, en partenariat avec les éditions Espaces 34, je m’adresse de plus en plus aux adolescents. 

Pour m’immerger dans l’univers poétique de Sébastien Joanniez, il me faut plus que jamais, rencontrer notre jeunesse multiple, diverse, timide parfois...et pleine de vitalité surtout ! 

J’ai décidé, avec les artistes - Sébastien Joanniez et Grégory Alliot - de les rencontrer dans leur antre - la salle de classe - pour définir avec eux ce que sera la Classe demain. Pour se faire, je les invite à explorer leur classe et la transformer. La classe abandonnée n’est que le point de départ de leur exploration poétique.

 Urbex est notre moyen de l’accompagner à rêver, à s’ouvrir au monde poétique et libre du spectacle vivant, de l’écriture, de la danse contemporaine et du théâtre. Urbex est ma façon de prendre le temps de regarder la Jeunesse se confronter à cet espace de liberté qu’est l’imaginaire.

Urbex se situe au croisement de la représentation théâtrale et de l’action culturelle. Il confronte la jeunesse à cette idée que pour ressentir, pour rêver, il faut s’engager. 

Mon voyage poétique dans Urbex nous conduira à créer Le petit matin de mourir de Sébastien Joanniez.

Ces deux spectacles sont interconnectés puisqu’ils sont comme l’endroit et l’envers de la création. Différents formellement, mais si semblables par les questions qu’ils abordent, par les artistes qui les créent, par le sensible qu’ils révèlent.

Ne souhaitant pas emporter le Théâtre au cœur des établissements scolaires, ce processus de création est simplement notre moyen de dialoguer avec la Jeunesse en l’immergeant dans cet espace passionnant qu’est le spectacle vivant.

Nadège Coste – metteure en scène

 

 

À ce jour, j’ai écrit les premières pages d’un monologue qui déroule la chronologie d’un jeune homme depuis la classe de troisième où il passe le brevet, puis la seconde, la première et son bac de français.

Il n’est pas question de ses parents. Il vit avec sa grand-mère Mamisette, rescapée du vingtième siècle. Il découvre la philosophie comme une échappatoire au réel, des pistes de réflexion pour décrypter son esprit et le monde, cite Cioran, Sartre, Camus, Beckett, et fume des joints pour décoller un peu.

À la découverte de son corps en métamorphose s’ajoutent des surprises-boutons, des ultra-désirs, des énigmes-humeurs qui le dépassent et l’entraînent dans des gestes aussi dérisoires que fondateurs.

Il traverse les périodes scolaires et témoigne de l’intérieur d’une question actuelle : à quoi les études préparent-elles ? Dans ce doute global, cet horizon flou, que penser du présent ? Et de l’avenir ? Coincé entre des injonctions à réussir et des prévisions de catastrophes imminentes, quel sens trouver pour grandir ?

Après de multiples écrits où je travaille la parole de la jeunesse (une trentaine de livres, pièces de théâtre, romans, albums, et autant d’inédits joués ici et là), je suis heureux de retrouver une langue aussi poétique que vivante, dans un personnage à la fois perdu et lucide, drôle et pathétique, burlesque et prétentieux. Une complexité toute humaine, où la jeunesse est tour à tour prise au sérieux et moquée, comme savent le faire les jeunes eux-mêmes.

Sébastien Joanniez – écrivain

Transformer la salle de classe-lieu qui détermine le rapport d’un « élève » à son corps et à l’espace -avec l’imagination - en un lieu nouveau à découvrir, dans lequel une histoire se joue, se danse et met en mouvement les rapports à l’espace et à l’autre.

Au fur et à mesure de mon travail, je me rends compte à quel point le regard sur le monde - « l’être au monde » que nous sommes tous - dépend de la richesse de la perception de notre monde intérieur.

Le lieu du « je » qui est l’endroit qui m’intéresse quand je rencontre des artistes comme des amateurs, demande à être exploré, aiguisé.

La danse amène à sentir l’intérieur de notre corps tout en étant présent dans l’espace avec l’autre. C’est le magnifique potentiel du corps : en touchant, je suis touché.

La danse travaille à enrichir toute une gamme d’état de corps, de sensation qui transforme le rapport à l’autre et à l’espace du dehors.

Nous avons tous un corps et potentiellement cette richesse de sensations perçues. C’est là où la parole entre en jeu : dire ce qu’on ressent pour faire exister son corps habité par un « je ». C’est avec cette sensation d’être présent en soi et à l’autre que l’on peut apprendre, penser, se positionner, critiquer pour se construire comme individu, un « je parlant ».

L’art permet cela : un dialogue entre le dedans et le dehors et sa projection dans le réel.

Grégory Alliot – Danseur et Chorégraphe

  

EXTRAITS

 

Comme ça l’amour décapite les dieux décapitent l’argent décapite les têtes coupées tombent et roulent dans le fond du caddie le caddie roule à toute vitesse vers la caisse sans caissière décapitée aussi équipée scanner à main carte bleue sans contact.

Tout est si bien organisé que je me sens nul faut dire que je suis jeune et déjà les caisses disparaissent pour le drive qui disparaît pour l’anorexie qui disparaît pour toujours tout le monde est un fantôme affamé.

Moi aussi mes baskets mon blouson mes chaussettes m’habillent le corps vide tu peux me traverser sans contact.

Et pourtant quand je marche mes muscles mes nerfs mes tendons mon souffle sont bien vrais ma sueur mes cheveux mes pas tapent sur le trottoir le bruit que je fais je l’invente pas je le fabrique.

Et le manque le manque l’appétit je le ressens dans mon coeur qui tape aussi c’est la vérité je suis creux quelque part et je nécessite un corps pour rencontrer le mien l’autre le corps du monde.

 

(...)

 

J’arrive en première au lycée tous les gens ici sont debout dans la nuit du matin les lumières des phares des lampadaires les clopes allumées les joints des points rouges qui partent comme des lasers en fumée.

Je rejoins les silhouettes des revenants qui reviennent chaque jour ici prendre une dose de mathématiques se mélangent aux autres en espérant finir la journée avec quelqu’un qui compte.

 

Les bus déposent d’autres corps plus ou moins réveillés parfois qui s’effondrent contre un mur en soupirant que c’est chiant putain et jettent leurs sacs sous leur tête pour dormir encore un peu j’en peux plus.

Fatigue générale fatigue fatigue fatigue générale c’est pas la guerre pas la grève qui faut déclarer c’est la sieste générale.

Surtout pour les jeunes comme moi qui grandissent dans les appartements les jambes contre les cloisons le front au ras du plafond sans espace pour étendre ses bras plus loin qu’un papier peint faut pas décoller.

 

CRÉDITS

 

|| COPRODUCTEURS || Scènes et territoires - 54 || Le Point d’Eau d’Ostwald - 67 || La Cité Musicale de Metz - 57 

|| EN PARTENARIAT AVEC || Le Collège Schongauer d’Ostwald || Le Collège Jules Ferry de Woippy 

|| L’Ensemble Scolaire Saint-Etienne de Metz || Le Lycée Louis Vincent de Metz