À nous deux maintenant

d’après J’ai tué de Blaise Cendrars, les œuvres de Maurice Ravel et Arnold Schönberg, et les peintures d’Otto Dix

« Me voici les nerfs tendus, les muscles bandés, prêt à bondir dans la réalité. J'ai bravé la torpille, le canon, les mines, le feu, les gaz, les mitrailleuses, toute la machinerie anonyme, démoniaque, systématique, aveugle. Je vais braver l'homme. Mon semblable. Un singe. Œil pour œil, dent pour dent. À nous deux maintenant. À coups de poing, à coups de couteau. Sans merci. Je saute sur mon antagoniste. Je lui porte un coup terrible. La tête est presque décollée. J'ai tué le Boche. J'étais plus vif et plus rapide que lui. Plus direct. J'ai frappé le premier. J'ai le sens de la réalité, moi, poète. J'ai agi. J'ai tué. Comme celui qui veut vivre. »

Blaise Cendrars, extrait de J’ai tué, 1918.

À nous deux maintenant

Création originale, d’après J’ai tué, de Blaise Cendrars, Le Tombeau de Couperin, de Maurice Ravel et l’Op. 33a d’Arnold Schönberg, et les peintures d’Otto DixMise en scène / Nadège COSTE
Collaboration artistique / Pauline COLLET & Bérangère DE GRANDPRÉ
Interprétation / Sarah BRIGANTI, Reda BRISSEL & Franck LEMAIRE
Régie plateau / Soizic LAMBIN
Régie lumière / Emmanuel NOURDIN
Régie son / Perceval SANCHEZ
Diffusion et production / Bérangère DE GRANDPRÉ & Frédéric ZIEGER
Communication / Rodro.fr

La Cie des 4 coins souhaite remercier toute l’équipe de Transversales, théâtre de Verdun, sans qui ce projet n’aurait pu voir le jour. Ce spectacle est créé dans le cadre du programme « Mission Histoire » mis en place par le conseil général de la Meuse.

À NOUS DEUX MAINTENANT : GENÈSE

Dans le cadre du programme « Mission Histoire », initié par le conseil général de la Meuse, auquel il participe, Transversales, théâtre de Verdun, a passé une commande à la Cie des 4 coins et à Nadège Coste. Connaissant le goût de la compagnie pour les textes forts et la contemporanéité, Didier Patard souhaite que soit montée une création sur le thème des « auteurs combattants », dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale.

Le spectacle s’est donc construit entre une volonté de rendre justice à cet épisode historique qui marque l’entrée dans le XXe siècle et la modernité, et l’envie de parler à notre monde contemporain.

Trouver l’essence de la guerre, trouver l’essence de cette guerre en particulier, tout en questionnant notre monde.

Au gré de lectures, d’un important travail de recherches historiques, iconographiques, filmographiques, et bien entendu littéraires, plusieurs rencontres marquantes ont eu lieu. La prise de conscience de la réalité des tranchées, la force des mouvements artistiques de l’époque, l’absurdité et le caractère mondial du conflit, toutes ces choses nous ont beaucoup marqués.

Certaines rencontres ont néanmoins été déterminantes. Dans un souci d’épure, nous avons écarté des œuvres que nous ont pourtant profondément touchés, comme les textes d’Ernst Jünger ou de Georg Trakl, d’Hemingway, ou encore les tableaux de Bonnard ou Valloton, les illustrations de Gus Bofa.

Il nous a néanmoins paru évident que nous cherchions un équilibre entre trois choses essentielles : explorer la posture de l’artiste face aux combats (entre goût de l’aventure, indicible, témoignage et sublimation), dire ce qui constitue pour nous l’essence de la guerre, créer un spectacle qui fasse écho à nos contemporains.

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