S'ÉMANCIPER - PRENDRE PAROLE - DÉCIDER

RÉSIDENCES DE CRÉATION EN GRAND EST

Grâce aux soutiens de la DRAC Grand Est, de la Région Grand Est, du Conseil départemental de la Moselle, des Villes de Metz et d'Ostwald, la Compagnie des 4 coins poursuit son travail de recherche à travers différents dispositifs:

- Résidence de recherche au Point d'Eau à OSTWALD (67) - 2020, 2021, 2022

- Résidence au coeur de l'école Jean Moulin de METZ (57) - 2022

- Résidence au coeur d'établissement scolaire du territoire messin - Label E.S.P.A.C.E. - 2022

Elle peut ainsi mener à bien son projet artistique.

ÉCLATS D’ÉMANCIPATION

Je cherche à nous confronter aux pulsions que nous bâillonnons. Plus particulièrement, nous placer face à cette peur que nous ressentons lors de nos premières fois. La peur d’être blessé, de ne pas être accepté, reconnu, de ne pas y parvenir. Cet instant où nous quittons l’enfance pour entrer dans l’âge compliqué et passionnant de l’adolescence mais qui ressurgira tout au long de notre vie.

Ce projet artistique propose ainsi une multitudes de petits éclat poétiques. Pourquoi l’éclat comme la figure poétique du projet? Parce qu’en chacaun des enfants et adolescents que je rencontrerai, surviendra peut-être l’envie de poursuivre la relation au spectacle vivant. La compagnie sera peut-être ainsi l’éclat qui leur donnera envie...

Et puis, parce que poétiquement, l’éclat est formellement le meilleur exemple pour représenter ce que je cherche à produire dans mes projets artistiques. Il est protéiforme. Il est aiguisé, puissant. Par sa nature l’éclat se veut être soudain, violent, vif ou encore brusque. Il impose l’admiration, la splendeur et la magnificence. Il fait preuve aussi d’une grande force. Il est mouvement, pulsion, action.

Cette multiplicité lui permet d’arborer différentes teintes. Il est les éclats du tonnerre, du soleil, d’une couleur sur un tableau, d’une beauté… L’éclat est aussi trace, puisqu’il peut par exemple marquer le parquet. Enfin, il devient scandale 

Alors, ne serait-ce pas dans cette figure poétique, une représentation de notre public?

Nadège Coste

RÉINVENTER LA CRÉATION AVEC LA JEUNESSE

Après deux saisons fragilisées voir anéanties par la crise sanitaire actuelle nous pensons fermement qu’il y a urgence à fédérer les spectateurs non seulement autour de l’enjeu de la représentation mais plus que jamais dans sa fabrication. Autrement dit, nous allons chercher à redéfinir le dialogue avec la jeunesse qui est crucial selon nous.

La compagnie, grâce à l’impulsion de sa résidence soutenue par la Région Grand Est au Point d’Eau à Ostwald, les résidences en écoles élémentaires soutenues par la Ville de Metz et de son premier conventionnement avec la Ville de Metz connait un vif essor sur le territoire du Grand Est ainsi qu’une percée en National et une étroite relation avec la jeunesse. Que ce soit à travers la diffusion de ses spectacles ou bien la méthode de création de ses spectacles. 

S’immerger dans les établissements scolaires est pour elle le seul moyen de créer des spectacles Tout Public (tels que Ma langue dans ta poche - création 2020, Princes & Princesses - création 2022, Le petit matin de mourir création 2023 ou encore BiZaR-UrBex son laboratoire de recherche en milieu scolaire sur le territoire Messin, Ostwaldois et bientôt Vosgien. 

En effet, à travers les differents ateliers que nous menons au coeur des projets de résidence nous avons accès à leur imaginaire pour concevoir des spectacles plus proches d’eux. Mais pour pénétrer dans cet espace de liberté, que nous leur proposons et qui s’apréhende, un engagement de leur part est nécessaire.

Nous les plaçons ainsi face à eux-mêmes, face au pouvoir de décision. Ainsi, se confronter à l’oeuvre d’art c’est peut-être changer la perception qu’ils ont des choses, des autres et du monde. Alors, un effet boomerang s’opère dans ces résidences à travers cette manière d’appréhender la création à travers ce dialogue permanent avec la jeunesse: Les élèves nous donnent à voir leur imaginaire et nous leur offrons un espace de liberté qui les transformera peut-être dans leur rapport à eux-mêmes, à l’art, aux autres et plus largement au monde.

COMPAGNONNAGES D’AUTEURS

Depuis 2018, la question de l’émancipation à travers la création de Ma langue dans ta poche et la création de la Chambre d’Écoute #1 autour de Spaghetti rouge à lèvres de Fabien Arca était le dénominateur commun de nos réflexions autour de la notion de Révolte en tant que matière poétique et citoyenne.

Cette saison, l’émancipation est reliée à la question de la Parole. Autrement dit, nous souhaitons comprendre comment la parole, aujourd’hui, est difficile à énoncer, à entendre et à dire. Comment il est vital et nécessaire de parler et se parler, de faire jaillir la pensée afin de tendre vers un vivre ensemble sain et positif. 

À travers la poésie de Sébastien Joanniez, nous allons réfléchir à ce qui pourrait arriver si l’imaginaire, le sensible étaient dérobés à notre société. Nous allons donner la parole (écrite, corporelle, poétique, musicale et théâtrale) à la Jeunesse afin de recueillir sa sensibilité, ses préoccupations pour la rendre compte à travers le laboratoire BiZaR-UrBeX et la création - 2023, Le petit Matin de mourir.

Avec Michel Simonot, deuxième parcours d’auteur du projet de la compagnie, nous allons donner la parole à la figure du Témoin, celui qui à travers son oeuvre Traverser la Cendre part de la Shoah pour arborer toutes les victimes de l’abomination humaine. Il est urgent de redonner la parole à nos Morts afin que ce qui est advenu hier ne se reproduise pas demain. Il en sera de même pour la Chambre d’écoute #2 autour de Même Arrachée qui sera crée en 2022.

Enfin, la compagnie s’ouvre à Taro Miura, illustrateur et graphiste japonais, en choisissant de créer un spectacle interractif (la Chambre d’écoute #3) pour les 3-8 ans et plus spécifiquement pour les enfants en situation de handicap en créant avec eux l’histoire du Petit Roi, de son épouse la Très Grande Princesse et de leurs 10 enfants. Dans ce spectacle (à mi-chemin entre la représentation et le projet d’action culturelle à l’instar du projet BiZaR-UrBeX), la conteuse professionnelle et accompagnatrice laissera la place aux enfants de raconter eux-mêmes cette histoire à d’autres enfants des écoles rencontrées.

UN THÉÂTRE CITOYEN

Dans une période trouble, où la distanciation sociale règne, où le masque ne cesse d’être au coeur de nos vies, il nous semble urgent de questionner notre relation avec les différents publics. L’enjeu de la Parole est pour nous, le seul moyen de s’entendre et surtout de chercher à proposer des voyages poétiques et citoyens. L’obscurité rode et le spectacle vivant est essentiel pour le repousser. C’est pourquoi, nous consacrerons les années à venir à:

Questionner la notion de parole comme moyen d’aborder poétiquement la notion du vivre ensemble et notre façon de nous définir ensemble ;

Questionner l’altérité, à travers la dialectique entre le monde des adultes et celui de la jeunesse. La comprendre, la tordre, la mettre à mal, la raconter ;

Demeurer au coeur de la Cité, en étant au coeur des établissements scolaires et parvenir à les dépasser et atteindre non seulement la jeunesse mais aussi leurs familles. En créant autour de chaque création, une forme spectaculairesingulière sous le nom de Chambres d’Écoute (Espace de Jeu nomade et expérimental)